Le Conteur > LA MEMOIRE DE MERLIN
Chercheurs de Vérité | La forêt enchantée
Spectacle conté tous publics (à partir de six ans).

Durée : 1 h 10 Regardez deux extraits du spectacle au Jardin des Fées
La Fille de la mer Les Korrigans

Le sujet : Pour séduire la fée Viviane qui l'a enfermé dans une prison d'air, en forêt de Brocéliande, l'enchanteur Merlin lui raconte les plus beaux contes féeriques et celtiques de Bretagne, Ecosse et Irlande, exaltant les vertus du courage, de l'esprit chevaleresque et de l'amour courtois de héros issus de la mythologie celtique tels que Thomas le Rimeur, le poète écossais qui passa sept ans au Royaume des elfes, le roi Herla, qui pour son malheur invita le jour de ses noces le redoutable roi des Nains, ou le chevalier Gauvain, le plus vaillant des chevaliers de la Table Ronde, qui avait juré deux choses dans sa vie : ne jamais trahir l'honneur de son roi, Arthur, et ne jamais refuser l'amour d'une femme, quelle qu'elle fut.

Dispositif scénique :
Scène ouverture minimum 4x3 m, fond noir, un fauteuil ancien ou une chaise en bois noir.

Moyens techniques :
Mise à disposition d'un régisseur lumière/son.

Régie lumière : régie de base comportant 4 ou 6 découpes, couleurs de base : blanc, rouge, jaune, bleu, vert, magenta.

Régie son : un micro-cravate hp, un lecteur cd et amplis pour diffusion ambiance sonore.


 Petit extrait 

Dans les temps très anciens, vivait dans l'île de Bretagne un magicien qu'on appelait Merlin. On dit qu'il avait connaissance de toutes les magies et que ses pouvoirs étaient redoutables. On dit qu'il n'était qu'à demi humain, que sa mère était une jeune moniale et que son père n'était autre que le diable. A cause de cela, il était de tempérament solitaire. Il pouvait se montrer bon compagnon et gai convive, prodiguant mille bons tours à la cour du roi Arthur, mais assez vite il s'ennuyait en la compagnie des hommes. Il les trouvait trop limités, trop prévisibles, et il se désespérait de rencontrer jamais quelqu'un qui fut son égal en tout, et avec qui il pourrait partager ses secrets.
Lorsqu'il se sentait trop seul, Merlin quittait l'assemblée des hommes et allait se réfugier dans la grande forêt sauvage. Là, il devenait le maître des éléments. Il prenait l'apparence d'un frêne élancé, sculptait son visage dans un rocher, glissait son corps dans la fluidité d'une rivière, se transformait en cerf, en sanglier ou encore en merle - car Merlin vient de merle. Il jouait avec les fées et les elfes des collines, commandait à la pluie et au vent, redevenait l'homme sauvage, et oubliait ainsi la tristesse de sa solitude.
Or, par-delà la Manche, dans la forêt de Brocéliande, située en Petite Bretagne, vivait alors une toute jeune fille d'à peine seize ans, fille d'un seigneur local, qui se prénommait Viviane. Viviane était jeune, belle, raffinée, et surtout très intelligente. De nombreux partis s'étaient déjà offerts à elle, mais elle les avait tous écartés. Quels que fussent leur âge ou leur condition, elle refusait de répondre à la cour que lui faisaient les hommes. Non qu'elle ne crut pas à l'amour, mais au contraire parce qu'elle y croyait trop. Dès sa plus tendre enfance, elle rêvait de rencontrer un jour un homme qui fut plus qu'un époux, un amant ou un compagnon. Elle rêvait de rencontrer un guide, son guide, qui saurait l'initier à la magie de l'amour et de la vie. En attendant de rencontrer l'élu de son cœur, elle fuyait la compagnie des hommes et passait toutes ses journées dans la forêt de Brocéliande, à observer les biches courir et à écouter bruire le vent.
Ce jour-là, Viviane était assise au bord de la fontaine magique de Barenton. A sa surface, l'eau se couvrait de temps à autres d'une multitude de petites bulles. On disait alors que la fontaine riait. Mais Viviane, elle, savait bien que ces bulles n'étaient autres que de minuscules ondines et fées de l'eau qui venaient ainsi la saluer. Elle les observait ainsi depuis un moment lorsqu'elle entendit le sifflement d'un merle. Levant la tête, elle vit l'oiseau dépasser la cime des arbres et aller se poser derrière un bosquet. L'instant d'après, surgit devant elle un tout jeune homme. Beau, bien mis, le sourire aux lèvres, le garçon s'avança vers elle. Il semblait à peine plus âgé qu'elle-même mais, lorsqu'il fut tout près, elle remarqua qu'il avait le regard d'un vieux sage.


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