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Spectacle conté tous publics (à partir de six ans).
Durée : 1 h 15
Regardez un extrait du spectacle à l'Ogre de Barbarie 
Le sujet : "Si l'histoire que je vais vous raconter pouvait être gravée avec une très fine aiguille au coin de l'œil, elle donnerait beaucoup à réfléchir à celui qui la lirait. Ecoutez donc : Bagdad était à cette époque la perle de l'Orient. Un pauvre d'entre les pauvres, errant sur le marché, aurait donné jusqu'à sa vie pour obtenir le bien le plus précieux et le plus rare : la sagesse. Un vieux sage était prêt à l'aider dans sa quête, mais comme l'on n'a rien sans rien en ce bas monde, il lui fallait quelque chose en échange : un tapis.
"Les contes sont de grands sacs de mensonges dans lesquels se cache une perle de vérité. C'est à chacun de la retrouver… A travers des contes de sagesse issus des principales traditions philosophiques et spirituelles du monde (soufi, bouddhiste, zen, hindoue, etc.), Edouard Brasey nous convie à une quête de la vérité tour à tour drôle, poétique et touchante.
Dispositif scénique :
Scène ouverture minimum 4x3 m, fond noir, un fauteuil ancien ou une chaise en bois noir.
Moyens techniques :
Mise à disposition d'un régisseur lumière/son.
Régie lumière : régie de base comportant 4 ou 6 découpes, couleurs de base : blanc, rouge, jaune, bleu, vert, magenta.
Régie son : un micro-cravate hp, un lecteur cd et amplis pour diffusion ambiance sonore.
| Petit extrait |
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Si l'histoire que je vais vous raconter était inscrite au coin de l'œil au moyen d'une très fine aiguille, elle donnerait à méditer à qui sait réfléchir.
Au temps du sultan Haroun Al-Rachid et des Mille et une nuits, Bagdad était la perle de l'Orient, la capitale sans rivale qui abritait, aux portes du palais où résidait le Commandeur des croyants et dans les ruelles qui irriguaient son immense marché, une foule bigarrée où se mêlaient riches marchands et voleurs rusés, saints derviches et mendiants faméliques, belles dames voilées se rendant au hammam et prostituées des bas quartiers, musiciens raffinés et crieurs de rues, sages et ivrognes.
Dans ce marché foisonnant vivait un mendiant, un pauvre homme sans aucun bien terrestre qui avait soif de l'essentiel : la sagesse. Bien sûr, ne l'ayant pas encore trouvée, il ne pouvait savoir en quoi elle consistait, mais son cœur lui disait qu'il devait s'agir d'un bien inestimable, bien supérieur à tous les trésors de la terre. Et il s'était juré de tout faire pour obtenir cette chose invisible, immatérielle, inconnue et pourtant infiniment désirable : la sagesse.
Il avait justement entendu dire que, dans une vieille maison de Bagdad vivait un vieux sage qui possédait la sagesse. Peut-être accepterait-il de la partager avec lui ? En tout cas, il ne perdait rien à essayer. Le mendiant trouva la maison du sage et frappa à la porte. N'ayant pas de réponse il entra et découvrit le sage affalé dans un monceau de poufs, en train de s'empiffrer de loukoums à la pistache.
Le mendiant se prosterna, embrassa trois fois le sol devant les pieds du sage, invoqua sur lui la bénédiction du Très-Haut, enfin le supplia de lui accorder ce qu'il était venu chercher :
- O toi, sage d'entre les sages, accorde-moi de goûter à la sagesse ! Je n'ai rien sur terre, je ne suis qu'un pauvre mendiant craignant Dieu, mais je ne trouverai jamais le repos que tu ne m'aies enseigné ce que je te demande. En échange, je suis prêt à être ton esclave, à faire ta cuisine et ton ménage, à te laver les pieds, à t'épouiller la tête et à frotter ta tunique…
Le sage, lui, ne répondit rien. Il avait les yeux dans le vague, comme s'il rêvassait, et n'accordait aucun regard au mendiant. On aurait dit qu'il ne s'était même pas aperçu de sa présence. Il se contentait d'engloutir ses loukoums. Ses loukoums à la pistache.
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